Repenser ses projets artistiques
- Lo Kee

- 16 févr.
- 2 min de lecture
Finaliste
Il y a quelques semaines, j’ai répondu à un appel à résidence artistique porté par l'ECPAD, un organisme qui gère les collections audiovisuelles de l'armée. La thématique était : les forêts du Grand Est, témoins de la Grande Guerre.
J’ai appris que mon projet avait été sélectionné parmi les finalistes. J'ai du défendre ma proposition devant un jury, mais c'est une autre candidate qui a finalement été désignée lauréate. Toutefois, les échanges ont ouvert une suite inattendue puisque séduit par l’originalité de mon intention, l'ECPAD m’a proposé de m’accompagner dans sa réalisation mais dans un cadre différent de celui de la résidence initialement prévue.
Je vais donc poursuivre ce travail de manière autonome, en m’appuyant sur l’ECPAD pour faciliter certaines démarches. Cette situation m’a donné envie de revenir non pas sur le résultat, mais sur ce qui a rendu cette candidature différente des précédentes.
En fait avec un peu de recul, j’identifie clairement deux expériences récentes comme déterminantes :
De candidat à juré
La première est ma participation en tant qu’expert au sein d’un jury. En effet, en automne dernier, la Fondation Mécène et Loire, déjà partenaire de ma résidence à Angers deux ans auparavant, m’a proposé de participer au jury de l’édition 2026. Passer du rôle de candidat à celui de juré rend immédiatement perceptibles certaines logiques de sélection.
J’ai ainsi pu constater combien les projets qui retiennent l’attention sont souvent ceux dont la réalisation ne pourrait exister ailleurs que sur le territoire concerné. En soi, cette prise de conscience ne fournit aucune formule magique. Elle modifie cependant profondément la manière de penser ses propositions : il ne s’agit plus seulement de présenter un projet intéressant. S’il est transposable ailleurs, il perdra presque toujours face à un projet parfois moins original, mais dont la nécessité est intrinsèquement liée au lieu et au cadre de production proposés.
La seconde expérience déterminante est le mentorat que j’ai suivi avec Valérie Cazin, de la galerie Binôme. Ce travail m’a permis d’identifier plus clairement mes points forts et d’apprendre à les mettre en valeur en les accompagnant d’une forme lisible et attendue par le monde institutionnel. Être au contact d’une professionnelle influente du champ photographique m’a fait mesurer à quel point la capacité de synthèse et la précision du discours sont essentielles.
Mise en application
J’ai mis ces apprentissages en pratique lors de l’écriture de ma proposition pour l’ECPAD. Leur impact a été presque immédiat. En soulignant le lien absolument indissociable entre le projet et son territoire, ma candidature s’est distinguée parmi plusieurs centaines d’autres.
Au final, ne pas être lauréat n’a pas mis fin au projet, bien au contraire. S’il n’a pas été retenu dans le cadre de la résidence, il a néanmoins été jugé suffisamment singulier et audacieux pour que l’ECPAD propose d’en soutenir et d’en accompagner la réalisation.
Je m’engage donc aujourd’hui dans un projet dont je garde encore les contours volontairement discrets, mais dont vous entendrez assurément reparler. Il s’agit, je crois, de mon travail le plus ambitieux à ce jour.




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